Nicolas Rubinstein

"Transmission"

Je vois tourner des engrenages...
Et Léonard de Vinci vient me visiter la nuit,
Après avoir équipé un squelette d’éléphant d’une paire d’ailes, transformé des cerveaux en machines volantes ou en chars roulants, je veux maintenant engrener les os, faire tourner les vertèbres à défaut de faire tourner les tables...
Car les esprits sont bien convoqués !
C’est une histoire de transmission et de mémoire qui se joue ici, une histoire vieille comme l’humanité et vieille comme le monde.
C’est en même temps une tentative de représentation de ces mécanismes qui nous modèlent, même s’ils tournent parfois dans le vide.
Mémoire des structures telluriques qui déchirent l’enveloppe terrestre, mémoire humaine et ses cadavres, depuis devenus squelettes, au fond des placards, mémoire qui détruit et construit, mémoire du temps qui passe...
Un cercle de vertèbres comme un ouroboros ou comme un squelette d’ouroboros.
Il faut bien que la roue tourne...
La terre, elle, tourne toujours.

Nicolas Rubinstein, 3 juin 2013

Transmission

"X, vous êtes ici"

Cette installation interroge un mythe qui a marqué l’imagination et la culture populaire, celui du cimetière des éléphants, et joue sur les symboliques multiples des éléments qui la composent. Les ossements, pris comme matériau exempt de toute morbidité, ne sont plus sous la terre mais sur la terre. Ils construisent une autre forme de cimetière. Peut-être celui de nos illusions perdues ou de notre société ?! Entre l’éléphant, pilier du monde, représentant à la fois la sagesse, la mémoire, mais également la Nature ou le Monde, les croix qui, avant d’être organisées en cimetière, indiquent en premier lieu une orientation dans l’espace, et la référence à Batman, le justicier vengeur qui tient à la fois du monstre et du héros, « X, vous êtes ici » laisse libre cours à de multiples interprétations ! Il y est question de mémoire et de devenir : mémoire d’un lieu, d’une ville, mémoire d’une Afrique déchirée, mémoire collective et ancestrale, mémoire qu’il faut entretenir pour améliorer le futur (sans être sûr que notre humanité en soit capable). Une installation entre vestige et prophétie, entre ironie et absurdité !

Nicolas Rubinstein & Patricia Buck, chargée de programmation

" Jusqu'à l'os "
Exposition Sauvé des eaux

"Un des aspects fondamentaux de mon travail est l'envie de révéler la structure cachée, l'ossature intérieure, l'anatomie des êtres et du monde, avec l'intuition, je dirais même la conviction, qu'il y a là un secret caché, une explication à trouver. Mon travail est très proche d'une démarche scientifique, avec pour hypothèse de travail, la recherche d'un message à décrypter, et ma "mission", car je dois bien confesser que je considère cela comme une mission, étant de mettre à jour et de comprendre ce message! Même si pour le moment, je ne comprends pas grand chose..."

Nicolas Rubinstein, 2009


À scruter ce qui se cache derrière le voile de béton des constructions, des architectures et plus encore derrière l'enveloppe humaine ou animale, Nicolas Rubinstein poursuit une quête bien singulière: celle de faire parler les os. Pour ce faire, il n'hésite pas à accumuler des os de toutes sortes, humains ou animaux, comme autant de matériaux lui servant à réécrire à sa manière notre histoire. Une exposition, exempte de toute morbidité, qui suscitera à n'en pas douter de profonds et multiples questionnements.

Bernard Hennequin in "Sauvé des eaux" - catalogue d'exposition

"M Le Mickey"

Le Mickey charmant de nos souvenirs d'enfant n'est pas forcément immuable. Si le royaume où il vit (commercialement fort bien) à tendance à le maintenir dans une tranche d'âge et de comportement forcément limitatif, il n'est pas sûr que, en chacun d'entre nous, une maturation ne se fasse sentir. En vertu de son âge et de sa fonction, Mickey, comme un baromètre, devrait être capable d'enregistrer, d'analyser et de soupeser ce qui nous compose, nous conforme et nous sous-tend. Il participe tant à la composition de nous-même, comme un ingrédient frauduleux à l'intérieur de notre intimité, qu'il fait corps à ce que nous sommes devenu.

François Bazzoli - in " M le Mickey ", Catalogue de l'exposition " Mickey is also a rat ", Avril 2007

" Souvenir d'Afriques "

Si Nicko a choisi la sculpture plutôt que la peinture c'est, semble-t-il, qu'il cherche à créer un rapport physique quasi animal qui prélude à l'émotion : on s'approche de l'objet, on regarde, on le " flaire ", on peut en faire le tour. C'est ainsi qu'on fait connaissance.

Catherine Tasca, Ministre de la Culture et de la Communication

Conception - Réalisation : Artists-Planet